1. À quoi sert une quittance de loyer ?
La quittance permet de constater l’acquittement des sommes auxquelles elle se rapporte.
La loi du 6 juillet 1989 impose au bailleur ou à son mandataire de transmettre gratuitement une quittance au locataire qui en fait la demande. Elle doit distinguer le loyer et les charges.
Elle peut être transmise sous forme dématérialisée avec l’accord exprès du locataire.
Aucuns frais liés à la gestion ou à l’établissement de la quittance ne peuvent lui être facturés.
2. Et si le locataire ne paie qu’une partie de l’échéance ?
C’est précisément là qu’intervient le reçu.
Le reçu n’est donc pas une « petite quittance ».
Il constate simplement qu’une somme a été reçue sans affirmer que toutes les sommes auxquelles elle doit être imputée sont intégralement acquittées.
3. Peut-on obtenir une quittance alors qu’une ancienne dette existe encore ?
Oui, dans certaines situations.
C’est une conséquence importante des règles d’imputation des règlements.
Une quittance se rapporte à certaines sommes ou à une certaine échéance. L’existence d’une dette antérieure ne signifie donc pas nécessairement que toutes les échéances suivantes doivent rester sans quittance.
C’est une distinction importante lorsqu’un locataire doit démontrer qu’il est entièrement à jour de sa situation locative.
4. Une quittance prouve-t-elle que le paiement a été effectué uniquement par le locataire ?
Pas nécessairement.
Une échéance peut être acquittée grâce à plusieurs règlements ou plusieurs intervenants.
C’est notamment le cas lorsqu’une aide personnelle au logement est versée directement au bailleur.
Dans une telle situation, conserver la distinction entre la somme réglée directement par le locataire et celle versée par l’organisme payeur permet de reconstituer précisément l’origine des règlements.
5. Une aide prévue par la CAF suffit-elle pour établir la quittance ?
Non.
Il faut distinguer une aide annoncée ou attendue d’une somme effectivement versée.
Loyer et charges : 500 €
Aide au logement prévue : 250 €
Le locataire règle sa part de 250 €.
Mais les 250 € annoncés par la CAF n’ont pas encore été versés au bailleur.
À cet instant, le propriétaire n’a effectivement reçu que 250 € sur une échéance de 500 €.
Une prévision d’aide ne constitue pas encore un règlement reçu.
La situation pourra évoluer lorsque l’aide sera effectivement versée.
6. Pourquoi la ventilation des paiements peut-elle devenir très importante ?
Parce qu’une quittance peut être consultée bien après le règlement auquel elle se rapporte.
Il peut alors être nécessaire de comprendre précisément comment l’échéance avait été acquittée.
Une quittance concernant septembre indique :
Loyer et charges : 500 €
Règlement du locataire : 250 €
Aide au logement effectivement reçue : 250 €
Total acquitté : 500 €
Cette ventilation permet notamment d’établir que les 250 € d’aide reçus par le bailleur ont effectivement participé au règlement du loyer et n’ont pas été encaissés en plus de la totalité du loyer versée par le locataire.
Cette information peut prendre une importance particulière lorsqu’un organisme payeur procède ultérieurement à une régularisation.
7. Que se passe-t-il si la CAF considère ensuite qu’une aide avait été versée à tort ?
C’est ici qu’il faut éviter un raccourci.
Une aide peut avoir été réellement versée au propriétaire, correctement déduite du loyer et avoir participé à l’acquittement d’une échéance, puis être considérée ultérieurement comme indue par l’organisme payeur.
La constatation de cet indu constitue alors un événement postérieur.
L’article R. 823-23 du Code de la construction et de l’habitation prévoit notamment que lorsque le bailleur justifie avoir déduit du loyer et des dépenses accessoires les sommes d’aide personnelle au logement qu’il a reçues et que le locataire ne conteste pas leur caractère indu, ces sommes sont recouvrées auprès du locataire.
Cette disposition est particulièrement intéressante : elle distingue bien le versement effectué au bailleur et correctement déduit du loyer du recouvrement ultérieur de l’aide devenue indue.
Septembre :
Loyer et charges : 500 €
CAF versée au bailleur : 250 €
Locataire : 250 €
Total acquitté : 500 €
Une quittance est délivrée.
Quelques mois plus tard, la CAF considère que tout ou partie des 250 € versés au titre de septembre était indu.
Cette décision ultérieure ne signifie pas, à elle seule, que le propriétaire doit réécrire l’historique du règlement de septembre comme si les 250 € n’avaient jamais été reçus.
Il faut alors distinguer deux relations :
- la situation locative entre le propriétaire et le locataire ;
- la récupération de l’aide indue selon les règles applicables aux aides personnelles au logement.
La constatation ultérieure d’un indu d’aide au logement ne signifie pas, à elle seule, qu’une quittance antérieure doit être supprimée ou que l’échéance correspondante redevient automatiquement impayée.
Il faut tenir compte de la cause de l’indu, de la situation des parties et de la personne auprès de laquelle l’organisme poursuit son recouvrement.
8. Et si l’aide a continué à être versée après le départ du locataire ?
La situation est différente lorsqu’un organisme continue à verser une aide alors que les conditions permettant son versement ne sont plus réunies.
Le départ du locataire, sa déclaration auprès de la CAF, la date à laquelle le bailleur en a eu connaissance et la situation juridique réelle de la location peuvent alors avoir une importance considérable.
Il ne faut donc pas transformer automatiquement une récupération effectuée par la CAF en nouvelle dette de loyer.
De la même manière, le remboursement d’une aide par le bailleur ne permet pas, à lui seul, de conclure que le locataire lui doit nécessairement la même somme.
Lorsqu’un indu d’aide au logement est contesté ou que son origine est litigieuse, la décision de l’organisme et, le cas échéant, celle de la juridiction compétente doivent être distinguées de la simple comptabilité du loyer.
Un logiciel de gestion locative n’a pas vocation à déterminer lui-même qui doit juridiquement supporter cet indu.
9. Une quittance peut-elle être effacée parce qu’un événement survient plus tard ?
Il faut là encore être prudent.
La quittance constitue un document relatif aux sommes auxquelles elle se rapporte et à leur acquittement.
Un événement postérieur peut devoir être conservé et justifié sans pour autant faire disparaître ce qui s’était réellement produit auparavant.
C’est particulièrement évident lorsqu’il existe une régularisation d’aide au logement, mais la même nécessité de traçabilité peut apparaître avec d’autres événements financiers.
Il n’y a donc pas lieu de considérer automatiquement qu’une récupération ultérieure d’aide personnelle au logement « annule » rétroactivement une quittance précédemment établie.
Cela ne signifie pas qu’une quittance serait juridiquement intangible dans toutes les circonstances.
Une quittance établie par erreur, sur la base d’informations incorrectes ou dans une situation faisant ensuite l’objet d’un litige soulève une question différente.
Il faut donc distinguer une quittance correctement établie au regard des règlements alors constatés d’un document qui aurait été erroné dès son établissement.
10. Reçu, quittance et attestation de loyers à jour ne prouvent pas la même chose
Ces documents ne doivent finalement pas être confondus.
Le reçu constate un paiement partiel.
La quittance constate l’acquittement des sommes auxquelles elle se rapporte.
Une attestation de situation locative ou de loyers à jour répond à une autre question : elle vise à présenter une situation plus globale à une date déterminée.
Un locataire possède une quittance pour septembre.
Cette quittance peut démontrer que l’échéance de septembre a été acquittée.
Elle ne permet pas nécessairement, à elle seule, d’affirmer qu’aucune dette relative à une autre période ne subsiste.
Une attestation établie à partir de l’ensemble du compte locatif répondrait à une question différente.
À retenir
Un paiement partiel donne lieu à un reçu et non à une quittance attestant du règlement complet.
La quittance est gratuite lorsque le locataire la demande et distingue le loyer et les charges.
Une dette ancienne n’empêche pas nécessairement l’établissement d’une quittance pour une autre échéance intégralement acquittée.
Lorsqu’une aide au logement est versée directement au propriétaire, il est particulièrement utile de conserver séparément la somme versée par l’organisme et celle réglée par le locataire.
Une aide seulement prévue n’est pas encore un règlement reçu.
Enfin, la constatation ultérieure d’un indu d’aide au logement ne suffit pas, à elle seule, à transformer rétroactivement une échéance acquittée en loyer impayé ni à faire disparaître automatiquement une quittance précédemment établie.
Une quittance est donc beaucoup plus qu’un simple document indiquant « loyer payé ».
Bien tenue, elle permet de comprendre quelle échéance a été acquittée, pour quel montant et, lorsque cela est pertinent, grâce à quels règlements.
Et avec IFRELO ?
IFRELO distingue le reçu de paiement partiel de la quittance correspondant à une échéance intégralement acquittée.
Lorsqu’une aide au logement est versée directement au propriétaire, IFRELO distingue également l’aide prévue de l’aide effectivement reçue.
Sur la quittance, les règlements peuvent ainsi être retracés séparément : montant versé par le locataire, montant d’aide au logement reçu et total acquitté.
Cette ventilation permet au propriétaire comme au locataire de conserver l’historique de la manière dont l’échéance a réellement été réglée.
Si la CAF procède ultérieurement à une récupération ou à une régularisation, IFRELO ne décide pas de lui-même que cette opération recrée une dette locative et ne supprime pas automatiquement une quittance précédemment établie.
La qualification et les conséquences d’un éventuel indu relèvent de l’organisme concerné et, en cas de contestation, des procédures compétentes.
IFRELO conserve ainsi l’histoire des règlements sans réécrire automatiquement un événement passé à partir d’une décision intervenue ultérieurement.
Parce que bien louer, c’est aussi bien vivre.
